Fête nationale 2015 : discours de Monsieur l’Ambassadeur, Laurent GARNIER

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A l’occasion de la fête nationale du 14 juillet, Monsieur Laurent GARNIER, Ambassadeur de France, est intervenu lors de la cérémonie de célébration, en présence notamment de Madame Ameenah Gurib-Fakim, Présidente de Maurice.

Discours du 14 juillet 2015


Je suis très heureux de vous accueillir ce soir à l’Institut français de Maurice.
Ce lieu est pour moi représentatif de la France contemporaine, une France créative, ouverte à la diversité culturelle et moderne, y compris dans son ambition écologique puisque nous sommes dans un bâtiment vert. C’est un lieu de rencontres et d’échanges entre la culture française et la culture mauricienne, deux facettes de la francophonie.

Ce soir le lieu est un peu différent de celui que vous connaissez habituellement. Pour marquer les célébrations de ce 14 juillet 2015, nous avons donné carte blanche à des artistes mauriciens, dont certains déjà reconnus, pour qu’ils interprètent le thème de la Guinguette, c’est-à-dire l’esprit festif et populaire du 14 juillet.

La soirée a été conçue et réalisée par Emilien Jubeau. Il y aura vers 19H15 un concert exceptionnel d’Eric Triton qui reprend pour l’occasion de grands titres français, entourés de musiciens talentueux comme Marie-Luce Faron et Philippe Thomas. Le groupe Musik Kabinet proposera ensuite une animation musicale en seconde partie de soirée.

Ces créations originales ont été spécialement composées pour la fête nationale et je remercie l’équipe d’EMIZIBO et ses nombreux collaborateurs, dont Impact production, ainsi que les danseurs et musiciens, pour leur investissement dans ce projet.

C’est à l’Institut français que des Mauriciens et des Français se sont spontanément rassemblés en janvier 2015, au lendemain des attentats terroristes de Paris. Je voudrais exprimer ce soir ma reconnaissance à tous ceux qui ont manifesté, avec leurs mots ou leurs dessins, leur solidarité avec la France à cette occasion.

Il y a bien sûr des nuances voire des différences d’approche entre nos pays en ce qui concerne la liberté d’expression et la France respecte ces différences. Mais nous avons des valeurs démocratiques communes qui se rejoignent pour condamner le terrorisme, une menace désormais mondiale dont l’Afrique et le Moyen-Orient sont les premières victimes et qui impose une mobilisation de la communauté internationale.
Sur le plan intérieur, Maurice a connu fin 2014 une alternance politique majeure et paisible. La France a immédiatement marqué sa disponibilité et répondu présent aux sollicitations qui lui étaient faites par la nouvelle équipe.

Nous avons une collaboration exemplaire pour préparer la conférence des Nations unies sur les changements climatiques, la COP 21. C’est une grande priorité de la diplomatie française en 2015 parce que nous sommes convaincus qu’un échec n’est pas permis et qu’il faut trouver à Paris un accord universel et contraignant permettant de limiter à 2 degrés le réchauffement climatique d’ici 2050. Chaque pays devra prendre des engagements, quelle que soit sa part de responsabilité dans le réchauffement climatique, et je me félicite de la mobilisation de Maurice à travers le gouvernement, les ONG et le secteur privé. La France a proposé de financer l’expertise dont Maurice avait besoin pour préparer sa contribution à la COP21, au nom de la solidarité avec les petits Etats insulaires, parmi les plus vulnérables au changement climatique.

N’oublions pas que le défi climatique est aussi une opportunité économique et sociale, c’est pourquoi nous insistons dans la préparation de la conférence de Paris sur l’action concrète et l’implication de la société civile dans la recherche de solutions et j’espère que Maurice sera source de propositions d’ici décembre.

La coopération avec La Réunion a également pris son envol : plusieurs visites se sont succédé qui ont permis de donner une nouvelle dynamique à nos relations de voisinage. Visite du Préfet puis du Président de la région Réunion, Didier Robert, pour ouvrir une antenne de la Région à Maurice ; visites de travail à La Réunion du ministre de l’environnement, du ministre des finances et du ministre des transports, plusieurs autres étant prévues dans les secteurs de l’éducation et de la jeunesse. Je me réjouis très sincèrement de l’intensification de ces relations, qui créent la confiance et donnent une nouvelle ambition aux partenariats qui peuvent être noués entre les deux îles, qu’ils soient économiques ou institutionnels.

J’ai eu le plaisir d’accompagner le ministre des finances et du développement économique à Paris fin juin. Il a pu exposer aux autorités françaises et au secteur privé la vision, la stratégie et les attentes du Gouvernement pour relancer l’économie mauricienne et a ouvert la première antenne du BOI. Ce geste a été très apprécié par la France, premier pays investisseur à Maurice, qui a redit sa confiance dans l’avenir de l’économie mauricienne et de son secteur financier.

L’Agence Française de Développement a également répondu présent aux demandes d’expertise et de réflexion du Gouvernement sur les grandes politiques publiques : transports, énergie, économie bleue, agriculture, développement de Rodrigues. De nouveaux projets se sont concrétisés : financement de la modernisation du Port pour 27 M euros, programme d’efficacité énergétique avec les secteurs privé et public, et de nouvelles formes d’intervention sont possibles pour répondre au mieux aux besoins du pays.

En matière de coopération universitaire et de recherche, nous avons poursuivi nos partenariats avec les universités de Maurice et des Mascareignes, car la recherche et l’innovation sont indispensables au développement de nouveaux piliers économiques. Nous avons également franchi des étapes importantes dans la concrétisation du projet de campus international de Médine, 1er projet entièrement conçu dans la logique d’une plate-forme régionale d’enseignement supérieur (« knowledge hub ») en association avec plusieurs grandes écoles et universités françaises, et une des toutes premières « smart cities ».

Je termine par la culture, où la France dispose d’un savoir-faire et d’une approche - intégrer la culture à la vie quotidienne - qui peut intéresser Maurice. JMG Le Clézio a écrit de belles pages sur ce sujet. La faim ne peut pas être ramenée aux seuls besoins du corps, elle est aussi un appétit de savoir et de compréhension du monde que seule la culture peut rassasier. Nous serons donc attentifs aux besoins de coopération avec les institutions culturelles françaises, à la suite de la visite du ministre de la culture à Paris.

Mesdames et Messieurs, nous aurons cette année en Septembre une deuxième occasion, assez unique, de célébrer l’amitié entre nos deux pays, à travers le tricentenaire de l’arrivée des premiers français à Maurice. Je suis heureux et touché du regard positif que cet anniversaire renvoie de l’image de la France et de sa contribution à la construction du pays.

Je voudrais pour terminer remercier nos nombreux sponsors, sans lesquels cette soirée n’aurait pas été possible : Rogers, Banque des Mascareignes, Food and Allied, ENL, Super U, Orange, Currimjee, Ciel, GML, Total, IBL, Médine, Intermart, CMA CGM, Oxenham, Colas, Club Med, Air France et Nestlé. Je remercie toutes les équipes de l’ambassade et de l’IFM qui ont préparé cette soirée.

Très bonne soirée à tous, Vive Maurice et Vive la France.

Dernière modification : 15/07/2015

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