La France accompagne le développement durable de Maurice

Petit État Insulaire en Développement (PEID) exposé aux effets du changement climatique, l’île Maurice promeut un modèle de développement durable qui concilie bien-être social, protection de l’environnement et croissance.

La France à travers l’AFD y intervient depuis quatorze ans dans les domaines de la transition énergétique, de l’atténuation et de l’adaptation au changement climatique.

Par ailleurs, Maurice accueille plusieurs organisations régionales sur son territoire que le groupe AFD accompagne au titre des activités de coopération régionale portées par sa direction régionale océan Indien.

Accompagner la transition énergétique

Avec l’engagement depuis 2009 aux côtés des banques mauriciennes du programme SUNREF (Sustainable Use of Natural Resources and Energy Finance).

Centrales photovoltaïques, unités de valorisation énergétique des résidus de canne à sucre, amélioration des performances énergétiques d’hôtels et de centres commerciaux, toitures solaires chez des particuliers…

Près de 400 projets bas-carbone ont été financés à l’île Maurice dans une grande variété de secteurs, grâce aux deux premières phases du programme SUNREF. SUNREF I et II ont ainsi permis l’économie de plus de 234 000 tonnes équivalent (teq) CO2 par an et la création de 15 mégawatts de capacité de production d’énergies renouvelables.

Ils ont permis à leurs bénéficiaires d’acquérir des équipements de qualité et de réduire leurs dépenses d’électricité. Les entreprises y ont aussi gagné en compétitivité.
Un total de 100 millions d’euros a déjà été prêté à plusieurs banques locales par l’AFD, en 2009 puis en 2014, pour que celles-ci puissent se mobiliser en faveur des énergies vertes et de la gestion durable des ressources.
Grâce à ce programme, ces banques ont pu elles-mêmes proposer des prêts à conditions attractives (avec assistance technique et versement d’une prime à l’investissement) aux entreprises et aux particuliers qui souhaitaient réduire leur empreinte carbone et saisir les opportunités de la transition énergétique.

La France à travers l’AFD poursuit son soutien au développement d’une finance responsable à Maurice en lançant la troisième phase de son programme SUNREF, en partenariat avec deux banques locales, la Mauritius Commercial Bank Ltd et la SBM Bank (Mauritius) Ltd.
Avec une nouvelle ligne de crédit de 75 millions d’euros et le concours de l’Union européenne pour 7 millions d’euros, ce volet promeut l’égalité professionnelle femmes-hommes ainsi que des projets d’adaptation au changement climatique, tout en continuant à favoriser les investissements verts (énergies renouvelables et efficacité énergétique). Le 5 mars dernier a ainsi permis de mobiliser plus de 250 acteurs mauriciens de SUNREF représentant un large éventail du secteur privé à l’hôtel Westin Turtle Bay.

Dans le cadre de la stratégie ambitieuse du gouvernement mauricien pour atteindre un objectif de 25% de mix énergétique en 2025, la France à travers l’AFD accompagne le Central Electricity Board (via un prêt signé en 2018) afin de renforcer le réseau électrique, pierre angulaire pour une utilisation des énergies renouvelables dites « intermittentes » à leur pleine capacité.

Cet appui va permettre la rénovation des 2 sous-stations de Chaumière et Henrietta pour un montant de 18,7 MUSD qui vise à les rendre plus fiables, plus résistantes à l’environnement et plus réactives grâce à la technologie Gas Insulated Switchgear. Ce prêt intervient dans le cadre du projet « Accelerating the transformational shift to a low carbon econonmy in the Republic of Mauritius » du Fonds Vert pour le Climat, mis en œuvre par le Programme des Nations Unies pour le Développement à Maurice.
Ce programme de 191,4 MUSD, comptant plus de 28 MUSD de subvention du Fonds Vert finance trois composantes. La première est un appui institutionnel auprès de la Mauritius Renewable Energy Agency (MARENA) et de la Utility Regulatory Authority (URA), la deuxième vise à faciliter l’intégration de 185 MW d’énergies renouvelables sur le réseau électrique et la troisième permettra d’installer des mini-réseaux solaires photovoltaïques sur l’île d’Agalega.

Renforcer la résilience au changement climatique

Renforcer la résilience au changement climatique est un défi majeur pour Maurice pays parmi les plus sensibles aux événements climatiques extrêmes. Les effets du changement climatique sont déjà une réalité avec l’intensification des cyclones pendant la saison des pluies, la diminution des précipitations le reste de l’année, la hausse des températures, la montée du niveau de la mer…

Maurice a été l’un des premiers États à signer l’Accord de Paris et a lancé un programme national ambitieux pour tenir ses promesses : réduire de 30 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, tout en s’adaptant aux effets du changement climatique.

La France à travers l’AFD et sa filiale Expertise France accompagne depuis plus d’un an, le gouvernement mauricien au travers de la Facilité Adapt’Action et d’une enveloppe de 2 millions d’euros pour quatre ans.
Déployée sous forme de prestations d’assistance technique, d’études et de renforcement de capacités, elle porte sur trois axes d’intervention :

  • renforcer la gouvernance climat,
  • intégrer les enjeux d’adaptation aux politiques publiques sectorielles,
  • préparer des projets structurants en matière d’adaptation, susceptibles d’accéder à la finance climat internationale (Fonds Vert pour le climat, Fonds pour l’environnement mondial, Fonds français pour l’environnement mondial, etc.)

Les premières actions concrètes menées par l’AFD dans le cadre de la facilité Adapt’Action ont été lancées en septembre 2018, avec l’aide des autorités locales et d’un groupe de consultants mauriciens et internationaux mené par le cabinet DAI.

Elles consistent à :

mener des études de vulnérabilité, qui permettront aux deux ministères mauriciens en charge de l’Environnement et du Tourisme de mieux appréhender les impacts spécifiques du changement climatique sur leur pays : érosion des zones côtières, notamment des plages, et conséquences sur les activités touristiques, réduction de la ressource en eau potable, menaces sur la biodiversité, fragilité de l’agriculture et de la pêche, etc.
Les premiers résultats indiquent qu’il faut agir en priorité sur la prévention des effets des cyclones et des inondations.

réaliser des études de faisabilité, pour accompagner l’Autorité de drainage, rattachée au bureau du Premier Ministre, dans la définition d’un nouveau schéma directeur de gestion intégrée des inondations dans un contexte de changement climatique.

intégrer les enjeux d’adaptation dans la stratégie de gestion des risques de catastrophes mise en œuvre par le Centre national de gestion et de réduction du risque catastrophes (NDRRMC).

Aujourd’hui, les enjeux climatiques sont intimement liés aux enjeux de biodiversité.

Ainsi l’action de la France à travers l’AFD s’inscrit pleinement dans ce double défi dans le bassin sud-ouest de l’océan Indien classé comme l’un des 34 points chauds (« hot spots ») de biodiversité mondiale.

Le 27 février dernier, l’agence de Maurice a organisé une journée de réflexion et d’échanges avec plus de 100 acteurs locaux et régionaux représentants des secteurs public, privé et d’organisations de la société civile sur la biodiversité à Maurice.
Cet événement se déroulait en parallèle des négociations sur la convention sur la diversité biologique (CBD) qui avaient démarré au même moment à Rome et devaient permettre la rédaction d’un plan d’actions d’ici à 2050.

Cette journée avait pour objectif de :

  • faire porter le sujet de la biodiversité en haut de l’agenda mauricien suite aux élections législatives à Maurice et dans le cadre de la préparation du Congrès mondial de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) à Marseille et de la COP15 Biodiversité initialement prévus en 2020 ;
  • rassembler les acteurs de la biodiversité pour permettre des rencontres et échanges d’informations et de bonnes pratiques ;
  • illustrer la problématique par des actions exemplaires déjà mises en place par les acteurs locaux et permettre aux acteurs mauriciens de s’engager en faveur de la biodiversité et de lancer de nouvelles actions pour sa sauvegarde.

A l’issue de cette journée, une feuille de route reprenant les conclusions et recommandations a été partagée avec l’ensemble des participants en mettant notamment l’accent sur la création d’une plateforme regroupant l’ensemble des acteurs présents à Maurice et œuvrant en matière de biodiversité, la promotion de partenariats entre institutions réunionnaises et mauriciennes ainsi que la réalisation d’études sur le coût de l’inaction.

A partir de et avec Maurice, favoriser l’intégration et la coopération régionale

La coopération régionale est essentielle pour aborder les enjeux communs aux pays de l’océan Indien, notamment dans les domaines de l’environnement, du climat, de la santé et des échanges économiques.
La création de la direction régionale océan Indien du groupe AFD en septembre 2018 illustre l’appui renforcé aux différentes agences du bassin sud-ouest océan Indien pour accompagner les opportunités de développement des territoires qui la composent notamment à travers des coalitions de partenariats (techniques, financiers, universitaires, scientifiques etc.)

La France à travers l’AFD intervient ainsi sur des projets tels que :

  • Le projet du Réseau de surveillance et d’Investigation des Epidémies (RSIE) et de la Surveillance Epidémiologique et de Gestion des Alertes, SEGA One Health porté par la Commission de l’océan Indien (COI) – 10 M€, a pour but d’améliorer la santé des populations des États membres de la COI, par le renforcement de la surveillance sanitaire dans le cadre d’une approche One Health (santé humaine et animale).

Face à la crise de l’épidémie Covid-19, La France à travers l’AFD et l’initiative « Sante en commun » a renforcé son appui grâce à un programme de 4,5 millions d’euros. La Réunion et Mayotte ne sont pas des bénéficiaires directs mais vont bénéficier d’une meilleure information et d’un meilleur contrôle de l’épidémie dans les îles voisines.

Grâce à ce nouveau soutien, les partenariats de la COI avec le CIRAD, la PIROI et l’Institut Pasteur de Madagascar seront également renforcés. Le projet RSIE est ainsi un exemple concret de l’efficience d’une coopération régionale, soutenue par de nombreux partenaires tels que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’Organisation Internationale pour les migrations (OIM), le Mauritius Institute of Health, parmi d’autres...
Sa pérennité permettra de renforcer les capacités de surveillance, de réduction des risques et de réponses aux maladies épidémiques, en intégrant l’impact du changement climatique et des catastrophes naturelles qui pèse tout particulièrement sur les risques épidémiologiques de la région indianocéanique.

  • Le projet de renforcement de la résilience par les écosystèmes côtiers dans l’océan Indien illustre également une coopération efficiente en partenariat avec la Commission de l’Océan Indien (COI) – 10 M€.

Ces écosystèmes côtiers (mangroves, zones humides, forêts littorales, bassins versants, herbiers, récifs coralliens, végétation de milieu dunaire, …) fournissent des services écosystémiques essentiels pour les populations.
Ils sont menacés et ont besoin d’être restaurés afin d’accompagner la résilience des populations littorales et des infrastructures face aux effets du changement climatique.

A l’issue du projet, le système de gouvernance des écosystèmes côtiers des pays de la COI sera consolidé. Les acteurs institutionnels et les communautés seront sensibilisés à l’importance des écosystèmes dans l’adaptation au changement climatique.

La coopération régionale des acteurs de la gestion des littoraux ainsi que de la communauté scientifique sera renforcée, et le projet permettra d’étayer la connaissance en matière d’ingénierie écologique et d’approche écosystémique dans l’adaptation au changement climatique.

Les sites pilotes et l’appel à projets permettront de restaurer des écosystèmes et de développer des filières durables génératrices de revenus, sur la base de Solutions Fondées sur la Nature (SFN). Les écosystèmes côtiers seront davantage à même de fournir leurs services de régulation et d’approvisionnement. Les populations littorales verront leur résilience renforcée, notamment face aux effets du changement climatique croissant.

  • Le lancement d’un partenariat d’économie bleue entre l’Association de la rive de l’océan Indien (IORA) – 1 M€ - et la France à travers l’AFD le 9 mars dernier contribue à soutenir l’appui au développement et à la promotion de l’économie bleue saine et durable en matière de gestion des pêches.

« L’amélioration de la gouvernance régionale des ressources de l’océan Indien contribue aux moyens de subsistance des communautés côtières, renforçant la sécurité alimentaire, la réduction de la pauvreté et l’emploi. » indiquait la Secrétaire générale S.E. Dr Nomvuyo N. Nokwe.

Le partenariat accompagnera la mise en œuvre du plan d’action IORA (2017-2021). Il offrira l’expertise, la formation, la mise en réseau et des ressources matérielles aux décideurs, aux fonctionnaires et aux experts travaillant à promouvoir la coopération régionale dans les questions d’économie bleue et de gestion des pêches.
En outre, le projet renforcera les capacités du Secrétariat de l’IORA.

Le projet témoigne de la participation active de la France à travers l’AFD en tant que partenaire de dialogue de l’IORA dans des projets de collaboration mutuellement bénéfiques avec les États membres. Le projet renforcera encore l’élan et l’intérêt croissants des États membres de l’IORA pour promouvoir l’économie bleue en tant que moteur d’un développement social et économique équilibré dans la région, d’une manière écologiquement durable.

IORA est l’organisation régionale faîtière de la région de l’océan Indien avec 22 États membres et 10 partenaires de dialogue, qui s’étend de l’Afrique du Sud à l’Ouest, qui longe la côte orientale de l’Afrique, le long du golfe jusqu’en Asie du Sud et du Sud-Est, se terminant par l’Australie.

Le soutien aux échanges économiques inter-îles avec l’accompagnement depuis 2013 de l’Union des CCI/ CAP Business OI – 2,4 M€ - dont le siège est à Maurice. Le programme appuyé vise à renforcer les formes d’organisation collaboratives entre les acteurs économiques régionaux et entre leurs organisations représentatives et à développer plusieurs filières économiques porteuses en exploitant des opportunités concrètes de coopération régionale (TIC, tourisme, gestion des déchets, métiers du maritime).

L’action du groupe AFD illustre l’engagement fort de la France auprès des Mauriciens pour relever ensemble les défis d’aujourd’hui et de demain tant nationaux que régionaux afin d’accompagner Maurice dans un développement durable et résilient.

A propos de l’Agence française de développement
Le groupe Agence française de développement (AFD) est un établissement public qui met en œuvre la politique de la France en matière de développement et de solidarité internationale.
Climat, biodiversité, paix, éducation, urbanisme, santé, gouvernance… Nos équipes sont engagées dans plus de 4000 projets à fort impact social et environnemental dans les Outre-mer français et 115 pays. Nous contribuons ainsi à l’engagement de la France et des Français en faveur des Objectifs de développement durable (ODD).

A propos d’Expertise France
Expertise France est l’agence française de coopération technique internationale, elle assure la mise en œuvre d’importants programmes d’assistance technique dans les secteurs clés de l’aide au développement.

Dernière modification : 04/06/2020

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