Signature d’un accord de partenariat entre le Ministère de l’Energie et des Utilités Publiques (Maurice), l’ADEME Réunion et l’Agence Française de Développement

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Signature d’un accord de partenariat entre le Ministère de l’Energie et des Utilités Publiques (Maurice), l’ADEME Réunion et l’Agence Française de Développement : vers un dialogue renforcé entre acteurs français et mauriciens en faveur du déploiement des énergies renouvelables en milieu insulaire

La mise en œuvre d’un « Partenariat régional sur l’intégration renforcée des énergies renouvelables dans le réseau insulaire de Maurice » entre le Ministère de l’Energie et des Utilités publiques (MEPU) de Maurice et l’ADEME, avec le soutien de l’Agence Française de Développement (AFD) à hauteur de 100.000 euros, impliquera, à horizon mi-2018, l’organisation d’activités conjointes sur des sujets à forts enjeux comme la bio-électricité et la régulation en milieu insulaire.

La signature de l’accord de partenariat tripartite (MEPU-ADEME-AFD) permettant le lancement de ces activités s’est tenue le Jeudi 23 mars 2017 à 11h30 à la Préfecture, en présence de l’Honorable Ivan Leslie Collendavelloo, Premier Ministre Adjoint et Ministre de l’Energie et des Utilités Publiques de la République de Maurice, Monsieur Dominique Sorain, Préfet de la Réunion, Son Excellence Monsieur Gilles Huberson, Ambassadeur de France à Maurice, Monsieur Jean-Michel Bordage, Directeur régional de l’ADEME Réunion-Mayotte, et Monsieur Matthieu Discour, Directeur de l’AFD pour Maurice et les Seychelles.

Maurice et Réunion : de fortes ambitions en termes d’énergies renouvelables et des défis en commun

Partageant un contexte environnemental et géographique similaire, les iles de l’Océan Indien disposent de réseaux électriques contraints et sont confrontés aux problématiques spécifiques des Zones Non Interconnectées (ZNI). Historiquement, ces réseaux distribuent majoritairement une énergie produite sur la base de combustibles fossiles, dont l’impact est non seulement environnemental (émissions de gaz à effets de serre et de particules), mais affecte aussi la dépendance énergétique et le déséquilibre budgétaire de ces Etats. Depuis quelques années, le recours à une production d’énergie renouvelable dans le mix énergétique de ces îles s’impose comme une solution alternative.

En ce sens, l’Île Maurice a confirmé en 2015 son souhait d’atteindre 35 % d’énergie renouvelable dans son mix énergétique électrique d’ici 2025 (actuellement autour de 20%), et de maintenir ce niveau à horizon 2030. Le pays s’est également engagé à travers sa contribution nationale à la COP21 (INDC) à augmenter la production électrique notamment d’origine éolienne, solaire ou biomasse, et à moderniser son réseau électrique de façon à accueillir plus d’énergie renouvelable. Les ambitions du gouvernement mauricien sont un signal fort, et impliquent des défis tant institutionnels (cadre réglementaire et tarification adaptés), que socio-économiques et techniques (enjeux sectoriels et environnementaux spécifiques par filière, gestion de l’intermittence et stabilité du réseau).

Pour sa part, l’île de la Réunion, à travers son dispositif de Programmation Pluriannuelle de l’Energie, et son objectif ambitieux d’atteindre 50% de renouvelable dans le mix électrique en 2020, vise un déploiement massif, structuré et durable des énergies renouvelables (EnR). Avec une part d’EnR de l’ordre de 35% dans le mix électrique à ce jour, ce territoire a montré le dynamisme des acteurs locaux (politiques, économiques et ménages) et leur capacité à se mobiliser. Les entreprises du secteur, dotées d’une expertise reconnue, sont fortement présentes au sein du tissu économique et dans l’ensemble des filières. Les institutions régionales ou nationales telles que l’ADEME, la SPL Energies Réunion, le CIRAD, l’opérateur électrique EDF ou la Commission de Régulation de l’Energie constituent par ailleurs des acteurs clés en termes d’expertise et de promotion des EnR en milieu insulaire.
C’est dans ce contexte que les « îles-sœurs » ont témoigné ces dernières années d’une volonté politique forte d’échange et de partage d’expertise dans le secteur de l’énergie, notamment matérialisée par l’accord signé en 2011 entre le gouvernement de la République de Maurice et le gouvernement de la République Française sur la coopération régionale entre Maurice et La Réunion, et l’accord de coopération sur le développement durable et la maîtrise de l’énergie, en cours de renouvellement. Le partenariat MEPU-ADEME soutenu par l’AFD à travers le Fonds d’Expertise Technique et d’Echange d’expérience (FEXTE) s’inscrit aujourd’hui dans cette dynamique régionale constructive et innovante.

L’AFD à Maurice : un engagement pérenne et moteur en faveur de la transition énergétique du pays

L’AFD est historiquement positionnée et fortement impliquée depuis 1975 sur le secteur de l’énergie à Maurice, dans lequel elle a financé de nombreux projets structurants, et travaillé en partenariat avec les acteurs tant publics que privés.
A ce jour, les axes stratégiques et opérationnels de l’agence ciblent l’appui à la planification énergétique nationale, le financement et la promotion de l’efficacité énergétique au niveau national, le financement des investissements en renforcement de réseau transport et distribution (conventionnel) et dispositifs « intelligents » en vue notamment de faciliter l’intégration des énergies renouvelables, ainsi que le financement des infrastructures de production EnR. C’est pourquoi l’Agence soutient la concrétisation de ce partenariat MEPU-ADEME, à hauteur de 100 000 euros, qui vise à favoriser l’émergence des axes d’une politique publique en faveur d’une intégration croissante des EnR à Maurice.

Le projet FEXTE Maurice – Réunion : un partenariat ADEME – MEPU gagnant, à visée opérationnelle !

Concrètement, le projet consistera en l’organisation de deux séminaires de travail sur plusieurs jours, entre Maurice et la Réunion, portant sur la production de bioélectricité et le cadre de régulation d’une politique publique en faveur des EnR en milieu insulaire ; et d’un study tour en France métropolitaine sur les thèmes du cadre de régulation en faveur des EnR, et des réseaux intelligents (« smart grids »). Ces moments de partage d’expériences mobiliseront les acteurs publics, institutionnels mais également privés du secteur de l’énergie à Maurice et en France/Réunion, et viseront des résultats opérationnels.

Ces actions seront portées par la Direction Régionale de l’ADEME Réunion-Mayotte, qui apportera son savoir-faire acquis par la participation à de nombreux projets novateurs et la connaissance des acteurs réunionnais ; et le partenariat mobilisera également plusieurs directions de l’ADEME nationale.

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A propos du Ministère de l’Energie et des Utilités Publiques (MEPU), République de Maurice

Le Ministère de l’Energie et des Utilités Publiques, République de Maurice, est en charge – entre autres attributions – de la définition de la stratégie et des politiques publiques dans le domaine de l’énergie sur les territoires de la République de Maurice. Il est par ailleurs le ministère de tutelle du Central Electricity Board (CEB), gestionnaire du réseau mauricien, en charge d’une partie de la production électrique, et responsable du transport, de la distribution et de la vente d’électricité à l’échelle nationale.

A propos de l’ADEME

L’ADEME est l’opérateur de l’État français pour accompagner la transition écologique et énergétique. Etablissement public à caractère industriel et commercial placé sous tutelle ministérielle, l’ADEME est dotée d’une équipe technique pluridisciplinaire et d’une expertise de qualité dans le secteur du développement durable. En outre les experts de l’ADEME travaillent en étroite collaboration avec l’ensemble des acteurs publics et privés dans ses champs de compétence.

A propos de l’AFD

Institution financière publique, l’Agence Française de Développement (AFD) met en œuvre la politique définie par le gouvernement français, agit pour combattre la pauvreté et favoriser le développement durable. Présente sur quatre continents à travers un réseau de 75 bureaux, l’AFD finance et accompagne des projets qui améliorent les conditions de vie des populations, soutiennent la croissance économique et protègent la planète. En 2015, l’AFD a consacré 8,3 milliards d’euros au financement de projets dans les pays en développement et en faveur des Outre-mer. A Maurice, l’AFD a engagé depuis 2007 plus de 600 millions d’euros d’engagements. Dans ce pays, au-delà de l’appui aux infrastructures de base, ses priorités demeurent l’accompagnement des acteurs économiques vers une économie à bas carbone, et le soutien à une meilleure résilience de l’île face aux effets du changement climatique.
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Dernière modification : 30/03/2017

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